ASIE

Asie

 

C'est par l'Inde que je suis entrée en Asie. Nourrie de lectures adolescentes sur la route des hippies, j'avais toujours rêvé de partir moi aussi un jour à la découverte de ce pays mystérieux. Première expérience de voyage en solo au Rajasthan et trek sur le toit du monde. 

Ce n'est qu'à l'adolescence de mon fils que j'y suis retournée, n'ayant pas envie de le confronter trop jeune au chaos de ce pays déboussolant

En attendant, nous avons parcouru les routes du Vietnam, puis de la Thaïlande et du  Laos, et enfin celles du Myanmar.

Plutôt habituée de l'Afrique, mon premier voyage au Vietnam m'a un peu déconcerté tant il est compliqué d’appréhender l'état d'esprit des gens mais peu à peu, on découvre... 

Excepté la Birmanie qui à l'époque où nous y sommes allés était un pays très peu touristique, voyager par ses propres moyens en Asie du Sud-Est est simple.  Destinations  sures et bon marchés elles ont aussi l'inconvénient d'être de plus en plus  fréquentées.

 Mais on  ne peut s'empêcher d'être envoûtés par le  patrimoine architectural, les temples,  les paysages, la spiritualité omniprésente. Lorsqu'on prend le temps, l'Asie se dévoile peu à peu.  

  

"Si vous pensez que l'aventure est dangereuse, je vous propose d'essayer la routine.... Elle est mortelle !"

 

 

 Paulo Coelho

Carnets de route

 2000 VIETNAM

Première expérience asiatique  et premier voyage lointain avec mon fils qui a 5 ans à l'époque. De Saigon à Hanoi , du delta du Mékong à la baie d'Halong, les paysages sont  envoutants mais le contact avec la population reste assez limité. La présence d'un enfant nous ouvre quelques contacts amusants, moins pour lui car a tout moment on vient lui toucher l'entrejambre pour vérifier s'il s'agit d'un garcon ou d'une fille.  De son histoire tumultueuse le Vietnam a tiré l' énergie incroyable d'une fourmilière mais l'empreinte de la guerre reste omniprésente.

 

2009 LAOS

Le calme de ce petit pays séduit après l'agitation de son grand voisin Thai. La capitale, Vientiane est un gros bourg alangui le long du Mékong. A deux pas du centre, la route qui borde le fleuve se transforme en un  chemin de terre qui se perd dans la forêt. La plupart des maisons, sont des constructions traditionnelles en bois sur pilotis ou d'anciens bâtiments coloniaux qui donnent à la ville un charme un peu suranné. 

 Pays de montagnes et de rivières, le Laos comporte de vastes zones sauvages où la nature est reine même si l'écosystème y est de plus en plus menacé du fait de la déforestation.  Les laotiens sont des gens sereins et souriants, bouddhistes pour la plupart. Le Mékong et ses affluents ont longtemps servi d'unique voie de communication. Peu à peu , des routes se construisent, pas toujours en bon état. Se déplacer d'un lieu à un autre peut prendre beaucoup de temps.

Nombreux au Laos, certains moines sont très jeunes mais  tous ne se destinent pas à la vie monastique. Les jeunes hommes doivent y passer quelques semaines à quelques mois de leur vie pour étudier. Dans certaines région, le monastère permet  d'apprendre à lire et à écrire dans la langue de leur ethnie. 

Notre itinéraire: Ventiane,Luang Prabang, Hongsa, Pakbeng,Muang sing,trek à So Pi Kao,Hue Xai

 

2017 CAMBODGE

Le Cambodge a connu de 1975 à 1979, un régime totalitaire d’une violence extrême. Le pays entier était devenu un vaste camp de travail forcé. Les khmers rouges ont vidé les villes, conduisant les populations à travailler dans les campagnes dans des conditions qui relèvent de l’esclavage. Les privations, la faim, les tortures et les crimes perpétrés par le régime ont conduit à la mort près de 2 millions de personnes. A travers le pays, de nombreux charniers et memorials témoignent de ce qui s'est passé. Heureusement,  le Cambodge ne se résume pas a son histoire récente.  Bien que  les khmers rouges aient  tout fait pour briser les liens familiaux, et détruire les coutumes et les croyances ancestrales, la culture khmer est millénaire et renaît peu a peu après le traumatisme. 

Les temples d'Angkor, classés patrimoine mondial par l'UNESCO témoignent d'une culture riche et prospère. Pendant plusieurs siècles, Angkor a été le centre du royaume khmer. Le site s'étend sur près de  400 km2 et de nombreux villages habités y subsistent. 

Mon périple m'a mené de Phnom Penh à Battambang puis à Siem Reap pour visiter les temples. J'ai ensuite passé une semaine dans la région du  Ratanakiri au Nord Ouest, peu visitée et qui permet de découvrir le Cambodge profond, loin du tourisme de masse.  Un petit trek dans la jungle du parc du Virachey et retour vers la côte avec la découverte de la jolie  petite ville de Kampot dont le poivre est parait il le meilleurs du monde. Quelques  jours à Kep, la ville aux crabes et dans l'ile du lapin, veritable petit havre de pays, avant de revenir en Europe. 

tableaux Inde, artiste peintre voyage

 1993 LADAKH RAJASTHAN

Ancien royaume himalayen indépendant, envahi par le Cachemire en 1834, le Ladakh s'est retrouvé intégré à l'union indienne à l'Indépendance de l'Inde en 1947. Rien à voir pourtant entre ce désert minéral et les plaines surchauffées de l'Inde. La culture du Ladakh est tibétaine, de même que les visages, les croyances, et... la nourriture: momos et thé salé à la farine d'orge. Je n'ai jamais été si près des étoiles qu'au cours du trek effectué au départ du monastère de Lamayuru. Des cols à 5000 mètres à passer difficilement, alors que nous suivait allègrement un couple de charbonniers en route pour vendre leur marchandise au village voisin...à trois jours de marche. La vie est rude au Laddakh. 

L'hiver, il y fait -30°C avec pour seul chauffage, la chaleur des animaux et un feu de bouses de yack. Malgré ou peut-être grâce à la rudesse de leur vie,  les gens y sont souriants, enjoués et d'une extrême tolérance. En cours de marche, nous dégustons de la bière d'orge dans une famille et du thé salé au beurre de yack avec des bergers au sommet d'un col. 

 Certains monastères se méritent comme le gompa de Rizong: une heure de marche dans la rocaille et sous le soleil pour y parvenir, mais quelle paix on y reçoit... 

Après le Ladakh, je fais un périple en solo à travers le Rajhastan à la découverte de Pushkar, Jaïpur et bien sur Agra et le mystique Taj Mahal

2011 INDE DU NORD 

Retour en Inde 18 ans plus tard mais cette fois ci mon fils m'accompagne. Toujours ce même choc face à la foule, aux bruits, à la moiteur. Ce même émerveillement devant des palais grandioses, des temples remplis d'offrandes, des saris multicolores. L'inde est a la fois fascinante et exaspérante. On s'y perd, on s'y retrouve, on y fait des rencontre magnifiques. Je n'ai pas mangé de viande pendant 3 semaines (parce que la viande est interdite dans les villes sacrées), j'ai perdu des litres d'eau (38 ° et 98% d'humidité), j'ai eu la bouche en feu (bonjour le piment) , j'ai trempé mes pieds (que les pieds faut pas exagérer quand même ) dans le Gange; je suis restée plantée à 3 h du matin sous la pluie au milieu de nul part parce mon bus s'est enlisé dans le fossé (plus de peur que de mal) j'ai faillit me faire écraser les pieds 100 fois par un rikshaw, j'ai marché dans je sais pas combien de bouses de vache (je sais ça porte chance) et je suis revenue, la tête pleine de souvenirs et des images pleins les yeux. Un périple de 6 semaines à travers l'Inde du Nord. Nous avons parcouru le Rajasthan (Jodhpur, Pushkar, Udaipur, Bundi), sommes allés dans les hauteurs vers Dharamsala en passant par Rishikech et Haidwar, puis redescendu dans la moiteur de la ville sacrée de Varanassi (ex Bénares). 

 2012 INDE DU SUD

A partir de Bombay, nous ferons 3000 km en bus et en train. Tout d'abord Goa, un état tout petit mais connu en raison des hippies qui l'ont investi dans les années 70 remplacés maintenant par les amateurs de trance et de rave. En période de mousson, c'est plutôt calme et nous profitons de la plage de cocotiers sans le bruit et l'agitation qui sévissent en saison sèche. Ensuite le Karnataka avec la visite de Hampi, vieille cité antique dans un cadre merveilleux où nous auront la joie d'assister à une fête dédiée au Dieu singe Hanuman.

Le Kerala nous séduit, que cela soit Cochin, les backwaters ou le magnifique site de Varkala. Premier état communiste de l'Inde, le développement social est ici un modèle. Tous les enfants sont scolarisés et les infrastructures de santé sont gratuites. Nous poussons jusqu'à l'extrême pointe sud, cap Comorin ou Kaniakumari, l'endroit où on peut voir le soleil se lever et se coucher, lieu ou se mélangent 3 mers. Nous remontons ensuite par la côte Est via Pondichéry, dans le Tamil Nadu, Mamalapuramam au bord de la mer, Tiruvanamalai et son pélerinage de la pleine lune autour du mont Arunachala...

 

 

tableau Myanmar, Birmanie

 2010 MYANMAR (Birmanie)

Aller au Myanmar, c'est remonter les aiguilles du temps. Ici, même les hommes d'affaire portent le longwy, une sorte de jupe nouée à la taille et les sourires des gens sont rouge de bétel. Les toits des pagodes sont dorés à la feuille d'or et les femmes se tartinent le visage de tanaka,  une sorte de pate blanche qui les protège du soleil.  J'ai été envoûtée par ce pays, tant pour la somptuosité de ses paysages et de ses temples que pour la gentillesse de sa population.

 Au moment où nous avons fait ce voyage, la  Birmanie était gouvernée par une des plus ancienne dictature militaire au monde, un régime très répressif qui violait ouvertement les droits de l'homme en pratiquant le travail forcé, les déplacement de population ou en niant les résultats d'élections qu'il avait lui même organisé. Peut de touristes s'y rendaient et si j'ai longuement hésité avant de faire ce voyage,  je ne l'ai pas regretté.

J'y ai rencontré une population avide de contacts avec le monde Même si les sujets politiques n'étaient pas abordés car trop dangereux, savoir comment on vit ailleurs, savoir que le reste du monde connaissait leur situation, apportait une bouffée d'oxygène aux birmans. Et puis les quelques kyat que nous pouvions dépenser, en artisanat, repas dans des petits restos populaires ou visite d'une journée avec un guide, contribuaient à l'économie locale et faisaient vivre des familles entières. 

 Maintenant, le Myanmar est devenu une destination à la mode, le tourisme de masse y afflue et les exactions contre l'ethnie Rohingya font malheureusement trop souvent l'actualité.  Les choses ont sans doute bien changées. J'espère que les Birmans n'y perdront ni leurs gentillesse ni leur âme.